Fin de série

C’est contre notre propre disparition que désormais nous luttons.

 FIN DE SÉRIE se veut un manifeste chorégraphique et politique proposant cinq filles, toutes vêtues et coiffées de la même façon, comme s’il s’agissait d’androïdes, de figures féminines typiques, de stéréotypes, qu’on voit apparaître comme s’ils sortaient directement d’une usine de fabrication. C’est une allégorie du féminin; nous sommes formatées, toutes issues du même moule, un moule auquel les filles veulent échapper.

 « C’est un formatage de la femme aimable, admirable, mariable, baisable… Une femme digne d’être copiée. » – Martine Delvaux

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Dans leur état initial, les cinq femmes et la chanteuse soprano reflètent les fantasmes d’une société où le désir de contrôle et de perfection domine, bien qu’ils soient illusoires et vains. Est-ce qu’il y aurait quelque chose sous l’image? Peut-on vivre en tant que femme hors image? Que cachent ces femmes à la chaîne et que révèlent-elles sur notre propre monde?

Les cinq femmes évoluent dans un contexte où tout est calculé, contrôlé et aseptisé. Elles veulent ressembler aux êtres humains, ou plutôt à des femmes qu’on pourrait imaginer comme « humaines », c’est-à-dire sorties de l’industrie. Ces femmes sont déprogrammées, de la même manière que nous sommes déprogrammés de nos vies dans notre quête d’un monde performant et sans faille. Un monde, en somme, virtuel. Ces femmes clonées vivent un bug informatique, car elles prennent plaisir à nous imiter et à nous ressembler.

Ces femmes ont besoin de briser cette chaîne qui lobotomise leurs vies. Elles cherchent à s’affranchir de leurs destins de femmes en série. Elles veulent courir, pour échapper à la mort. Elles sont tout sauf des natures MORTES.

« Filles-machines, filles-images, filles-spectacles, filles-marchandises, filles-ornements… elles sont l’illusion de la perfection. » – Martine Delvaux

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Une production de la compagnie Manon fait de la danse, en coproduction avec le festival TransAmériques.

Manon fait de la danse est membre-associée d’Art Circulation

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Le propos du spectacle de Manon Oligny est ainsi plus politique, pour ne pas dire militant, mais il propose un regard intelligent sur la féminité d’aujourd’hui et sur les combats que mène la nouvelle génération de féministes, qui développent une prise de parole allumée et multiperspectiviste (…). Une danse foisonnante et engagée, qui fait indéniablement réfléchir.

Philippe Couture, VOIR

La chorégraphie joue constamment de cette ambiguïté du corps commun, à la fois soumis aux diktats conformistes d’une image de la beauté féminine et à celui des corps solidaires en route vers une rébellion possible (…). Toutes sortes d’images affluent de ces ensembles chorégraphiques, qui réactivent les clichés pour mieux les subvertir en poussant le spectateur à interroger sa relation complexe à l’image et aux corps des femmes.

Véronique Hudon, Revue esse

CRÉDITS

Direction artistique et chorégraphie : Manon Oligny En collaboration avec les danseuses : Geneviève Bolla, Miriah Brennan, Marilyn Daoust, Karina Iraola et Anne Le Beau / Soprano : Florie Gauthier Valiquette / Collaboratrice à la dramaturgie : Martine Delvaux / Assistante à la chorégraphie et répétitrice : Christine Charles / Musique : Création Ex Nihilo (Guillaume Bourassa et Sébastien Gravel) / Lumières : Bruno Rafie / Direction technique : Julien Véronneau

Production : Manon fait de la danse, en coproduction avec le Festival TransAmériques

Durée : 1h | Salle à l’italienne, fiche technique SUR DEMANDE